Jacques Chirac : une passion pour l’Afrique

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Les témoignages sont quasi-unanimes : Jacques Chirac, l’ancien chef de l’Etat français, décédé jeudi 26 septembre 2019, a su nouer avec l’Afrique une relation intime au-delà des convenances diplomatiques.

Jacques Chirac l’Africain? Depuis Valérie Giscard d’Estaing, tous les chefs d’Etat français ont porté ce sobriquet. D’abord, parce que la France, ancienne puissance coloniale, a continué à exercer une influence sans commune mesure avec les autres puissances étrangères, dans ses anciennes colonies. Influence souvent qualifiée de néo-coloniale sinon de paternaliste, ce qui a créé des liens tout autant particuliers entre les chefs d’Etat africains et tous les locataires du palais de l’Elysée.

Ingérence dans les affaires intérieures

Les pouvoirs à Paris, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont su, chacun à sa manière, imprimer sa marque. Il y a eu des chefs d’Etat africains mal-aimés et bien-aimés, selon qu’ils s’avisaient à prendre des distances ou non avec l’influence française. Certains en ont eu pour leur grade: Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, dont Chirac ne supportait guère l’esprit d’indépendance et sa distance avec les puissances de l’argent. L’occasion rêvée pour le coup de massue fut Marcoussis, où les acteurs de la crise ivoirienne se retrouvèrent et où il fut imposé à Gbagbo une cohabitation avec les rebelles qui avaient tenté vainement à le renverser. Et puis, les ivoiriens n’oublieront jamais les pluies de bombe de l’armée de l’air française, sur des manifestants à Abidjan, démontrant à quel point la France pouvait s’ingérer dans les affaires intérieures d’un Etat africain. Et c’est bien Jacques Chirac qui était à la manoeuvre à l’Elysée.

Mais du congolais Denis Sassou Nguesso au camerounais Paul Biya en passant par l’ivoirien Henri Konan Bédié, ou encore le tchadien Idriss Déby Itno, les hommages sont légion. « Chirac m’a sauvé la vie! », s’est exclamé Konan Bédié, l’ancien président ivoirien, renversé en 1999.

Les débuts ont été difficiles avec le président camerounais Paul Biya, mais la real politics a vite pris le dessus, et les deux hommes ont entretenu des relations courtoises, même si on ne peut pas les qualifier de chaleureuses.

Bon vivant

Au nord du continent, Chirac avait des relations fortes et personnelles avec la famille royale marocaine. Dès qu’il appris le décès du roi Hassan II, alors qu’il était en visite officielle au Cameroun, Jacques Chirac du mettre fin à son séjour pour se rendre à Rabat.

Pendant ses séjours en terre africaine, il ne manquait pas de s’extirper de son programme officiel pour aller à la rencontre des citoyens lambda, boire une bière « au quartier », bon vivant qu’il aura été jusqu’à ce que la maladie n’ait raison de lui. Puis… la mort. Ce jeudi 26 septembre 2019, Jacques Chirac a donc tiré sa révérence, à l’âge peu avancé de 86 ans.

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