Grand Dialogue National : le Premier ministre se veut optimiste

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Ça y est! C’est parti pour le Grand Dialogue National

Un parterre de plus de 1500 invités venus de tous horizons. Depuis sa colline à Étoudi, le président Paul Biya peut se frotter les mains. Le pari de l’affluence est gagné. Pour celui du retour à la paix dans les régions du nord ouest et du sud ouest, il faudra encore attendre.

Juge et partie

Aucun des mouvements sécessionnistes (plus de 16 suivant certaines sources) n’a honoré l’invitation du Premier ministre, Joseph Dion Nguté, estimant que tous les préalables qu’ils ont posés pour la tenue d’un véritable et sincère dialogue ont été rejetés d’un revers de la main par le pouvoir de Yaoundé qu’ils reprochent d’être juge et parti.

Des préalables rejetés

En effet, le Dialogue sera présidé non pas par une personnalité neutre et consensuelle, mais par le Premier ministre, considéré comme représentant d’une des parties au conflit. Paul Biya a fait également savoir que la forme de l’Etat ne fera l’objet d’aucune discussion, rendant ainsi sans objet, selon les leaders sécessionnistes, la rencontre de Yaoundé. Ces derniers avaient espéré que la tenue du Dialogue serait l’occasion d’élargir, par une grâce ou une amnistie, plusieurs de leurs responsables récemment condamnés à la prison à vie, dont le président autoproclamé de la « République Fédérale d’Ambazonie », nom donné à l’Etat qu’ils entendent créer dans le cadre de la sécession.

John Fru Ndi, le patron du principal parti d’opposition parlementaire, anglophone originaire du nord ouest, deux fois enlevé par des groupes armés sécessionnistes et chantre du retour au fédéralisme, était présent au Palais des Congrès. Tout comme le très influent cardinal Christian Toumi, qui avait souhaité convoquer un conclave du All Anglophone Conférence pour réfléchir à une sortie de crise, assise qui n’avait pas obtenu l’aval du gouvernement.

Parmi les grands absents, outre les leaders sécessionnistes, ceux de la coalition ayant soutenu le professeur Maurice Kamto à l’élection présidentielle d’octobre 2018. Ils sont incarcérés à la prison centrale de Yaoundé y compris ce dernier, en attente d’un jugement renvoyé au 8 octobre 2019, alors que les lampions du Grand Dialogue National se seront éteint. Le président du MRC sera jugé pour plusieurs chefs d’accusation dont la rébellion et l’hostilité à la nation, charges qui lui font risquer la peine de mort.

« Rendez-vous exceptionnel »

Dans son discours d’ouverture, Joseph Dion Nguté s’est voulu optimiste, mettant toutefois en garde le millier de participants qui plancheront cette semaine sur la crise, qu’ils portent une grande responsabilité devant l’histoire. « L’avenir du pays est entre nos mains », a-t-il martelé, parlant d’un « rendez-vous exceptionnel ».

Selon organisation des droits de l’homme Human Watch Right, la crise anglophone, en moins de trois ans, a déjà coûté la vie à plus de 3000 personnes et entraîné des déplacements de populations à des échelles alarmantes, jamais encore atteintes dans l’histoire du Cameroun.

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