L’après GDN : le président Biya apaise le climat politique

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Ils sont des centaines, sinon des milliers, à humer de nouveau l’air de la liberté.

Paul Biya aime être seul maître du jeu. Il jubile être là où personne ne l’attend. Il n’a pas attendu que le dernier lampadaire s’éteigne au palais des Congrès pour ordonner la libération de centaines de personnes interpellées ou condamnées, soit dans le cadre de la crise politique, soit dans celui de la crise post-électorale. En cela, se sont pratiquement toutes les prisons de haute sécurité du pays qui connaîtront un important dégraissage de leurs pensionnaires pénitentiaires. Le temps d’éffectuer les formalités administratives de libération.

Au sommet de la pyramide, les ténors de l’opposition, le professeur Maurice Kamto et alliés en tête, dont le procès devait se tenir dans quelques jours, plus précisément le 8 octobre 2019. Il eût été en effet indécent, qu’au lendemain du dialogue censé réconcilier les Camerounais, que les portes du tribunal militaire s’ouvrent pour juger des prisonniers… politiques.

Si la décision du président Paul Biya a pris de court toute la classe politique, elle apaise assurément le climat politique, du moins pour le moment.

Combien de temps cet état de grâce durera-t-il?

Sans nul doute que les stratégies qu’adopteront les leaders politiques fraîchement libérés donneront la coloration que prendra le combat politique de l’après dialogue national.

Au-delà des élans festifs qui ont accompagné la fin des travaux, les dures réalités pourraient ne pas tarder à refaire surface : les noyaux durs de la revendication sécessionniste exigent toujours des négociations hors du territoire camerounais avec un ou des médiateurs étrangers. Il n’est pas non plus certain, que ceux qui ont contesté la victoire du président Biya à l’élection présidentielle d’octobre 2018 – ce qui leur a valu, après une marche blanche, de se retrouver en prison – se rangent dans les rangs. Mais ici, ils risquent d’avoir contre eux une opinion publique plutôt favorable à ce que la page soit tournée.

Pression sur l’Etat

En célébrant le 1er octobre comme fête de l’indépendance de l’ « Ambazonie », c’est un message fort que les séparatistes ont probablement voulu livrer aux autorités de Yaoundé mais aussi à la communauté internationale. Côté violence, la décapitation médiatisée d’une gardienne de prison semble aussi faire partie de leur tactique de mise sous pression de l’Etat camerounais. Comme pour dire que sur le terrain, rien n’a changé.

Mais il faudra attendre les prochaines semaines sinon les prochains mois pour savoir de quoi aura accouché la montagne du Grand Dialogue National.

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