Bernard Acho Muna : comme un goût d’inachevé

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il avait 79 ans, et derrière lui une longue et brillante carrière de magistrat, avocat, juriste international et homme politique.

Fils de Salomon Tandeng Muna qui fut plusieurs fois ministre depuis l’autonomie interne au Cameroun et au Nigeria, et occupa les postes de premier ministre et de président de l’Assemblée nationale, Bernard Muna a aussi mené une carrière exceptionnelle tant au Cameroun qu’à l’étranger. On retiendra sur ce dernier point qu’il fut procureur adjoint du tribunal pénal international pour le Rwanda de 1997 à 2002, année où décéda son père.

Candidat en 2011 contre Paul Biya

Alors que ce dernier fut proche et participa à la gestion des deux pouvoirs qui se sont succédé au Cameroun depuis l’indépendance, Bernard où Ben Muna, choisira le chemin de l’opposition. Il fut ainsi candidat à l’élection présidentielle de 2011 contre le président Paul Biya, vieux compagnon politique de son père. Pendant sa campagne qui introduisit pour la première fois l’usage à fond des réseaux sociaux, il prôna l’adoption d’une nouvelle constitution qui consacrerait le retour au fédéralisme.

Bernard Cho Muna s’est fortement impliqué dans les voies et moyens de résolution de la crise anglophone. Dès les premières arrestations des manifestants en 2017, il avait été le porte-parole du consortium d’avocats constitué pour leur défense. C’est en écorché vif qu’il avait déclaré que
« Selon la convention de Genève de 1949, on parle de génocide lorsque vous voulez changer le mode de vie des personnes qui ont une culture propre. Les anglophones sont un groupe national, ils veulent jouir de leur système de justice comme les francophones jouissent aussi de leur système judicaire. En essayant de forcer ces gens d’adopter une culture qui n’est pas la leur, cela constitue un génocide. Lorsque vous cassez les portes des étudiants vous les roulez dans la boue  c’est également un génocide. »

Il menaça donc de faire poursuivre les autorités camerounaises devant la cour pénale internationale.

Ben Muna tire sa révérence deux jours après la fin de la tenue du Grand Dialogue National organisé par le président Paul Biya, qui n’a pas cru devoir inscrire la question du fédéralisme dans son ordre du jour. Un départ précipité par un arrêt cardiaque, et qui laisse un fort arrière goût d’inachevé.

Toute l’équipe d’Echos du Cameroun présente à la famille de cet illustre compatriote ses condoléances les plus attristées.

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